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Compte rendu d’un voyage solidaire

samedi 13 octobre 2012, par Administrateur

Nous souhaitons qu’au moins une fois dans sa vie chaque homme puisse avoir l’opportunité, la chance de pouvoir connaitre ce que nous avons vécu pendant ce séjour au Burkina. Arrivée à l’aéroport d’Ouagadougou, il est minuit passé, la chaleur est encore présente. Nous sommes certes fatigués mais excités et curieux de faire connaissance avec un pays jusqu’alors méconnu mais rêvé... Yvette est présente. Elle est accompagnée de Yacouba et de Dramane, deux amis de longue date qu’elle surnomme ses anges gardiens. Ils seront nos guides pendant ces quinze jours.

Enfin, nous sommes en Afrique !

La visite de la ville est une succession de contrastes. Des tas de scènes qui peuvent faire sourire les « blancs » que nous sommes, mais aussi et surtout un dénuement, une pauvreté qui saute aux yeux, qui frappe, qui touche. Une multitude d’odeurs nous parvient aux narines, certaines très agréables et d’autres moins... Des enfants accourent aux voitures afin de se faire quelque argent en vendant des fruits, des beignets, des cartes téléphoniques...

La ville grouille de mobylettes et de bicyclettes ! Les feux rouges sont grillés, les panneaux « stop » existent mais ils ne semblent pas très efficaces non plus... On partage la route avec nos amies les bêtes, les ânes traversent, les poules et autres volailles aussi, quand elles ne sont pas attachées vivantes par dizaines sur les motos ou sous les camions. Les voitures et les camions sont surchargés, rafistolés, tordus mais ça roule ! Il faut être un conducteur chevronné ou fou pour s’aventurer ici en voiture !

Après une pause « eau » en sachet, Dramane nous accueille chez lui, une maison simple de deux pièces où nous sommes reçus par sa femme « Sali » et ses enfants. Nous partageons le repas : le riz sauce, plat traditionnel que nous retrouverons partout, le bissap (infusion de fleurs d’hibiscus). C’est un régal et l’accueil est à l’image des gens d’ici, simple et chaleureux. D’ailleurs, il faut parler de cette arrivée car que ce soit au sein d’un foyer, chez les sœurs, lors d’une fête ou même auprès de nous « étrangers », on souhaite toujours « une bonne arrivée » en venant à la rencontre de « l’étranger », en lui serrant chaleureusement la main, puis de suite on sert « l’eau de bienvenue », l’eau du voyageur, l’eau de l’étranger... Cela est très significatif de l’accueil Burkinabé.

Nous quittons la capitale pour découvrir la brousse. Nous prenons la route de Léo impatients de connaitre notre point de chute chez Yvette. La maison est un petit écrin de verdure très chouette, le village est assez grand, et c’est un lieu de marché ou les commerçants ghanéens se retrouvent les fins de semaine.

Nous visitons l’école au secteur 5. C’est l’école de nos grands parents avec encore moins de moyens. Le directeur nous parle de son projet de bibliothèque dans un vieux bâtiment annexe, d’ailleurs il sollicite l’aide de l’association qui a déjà participé à de nombreuses actions avec cette école. Les salaires des professeurs sont bas, mais ils ont la vocation de servir et d’instruire les futures générations. Ils ont foi en leur métier et c’est encore une leçon pour nous. Décidément l’Afrique est surprenante ! Nous nous rendons ensuite au dispensaire. C’est un dispensaire de brousse où, cela ne fait aucun doute, le moteur principal est le dévouement du personnel et l’attention à la personne quelque soit son état ou sa condition. Les missions sont nombreuses car les besoins sont énormes. Le dispensaire est tenu par les sœurs de l’immaculée conception. L’émotion a été intense en discutant avec elles ; tant de chaleur et de bienveillance envers nous alors qu’elles ne nous connaissent pas... Le souvenir de la mère supérieure s’adressant à Jason, notre fils de 11 ans avec « ce je ne sais quoi » d’amour, de bonté et du don de soi nous a littéralement bouleversés. Il y avait dans cet échange, quelque chose d’invisible mais de presque palpable qui ressemblait à de l’amour pur...

Notre voyage a été une succession de rencontres magiques. Sans connaitre ce peuple ou ce pays, on ne se sent ni étranger ni incommodé. Il n’y a pas de mots pour qualifier ces instants de pur bonheur et d’unité avec la sensation d’appartenir à ce monde, à leurs vies, à leurs histoires... Yvette, Dramane et Yacou sont nos anges gardiens. Ils sont toujours là, devancent nos attentes, veillent à notre bien être, chaleureux et accueillants, bref une gentillesse qui touche en plein cœur.

Nos journées sont bien remplies avec la découverte de différents sites comme les pics de Saindou, le village décoré de Tiébélé, la réserve de Nasinga, les cascades de Karfiguéla près de Banfora, les dômes de Fabedougou, la ballade féerique, en pirogue sur le lac de Tangrela et ses hippopotames, la ville de Dramane à Bobo-Dioulasso, sans compter sur la tant attendue « journée de la femme ».

C’était notre premier voyage solidaire. Nous repartons avec le sentiment d’avoir reçu mille fois plus que ce que l’on a apporté. Nous quittons à regret Yvette, Dramane, Yacouba et ce peuple Burkinabé qui nous a accueillis « la main dans la main ».

Les yeux pleins de larmes nous demandons la moitié de la route et conservons l’autre moitié afin de pouvoir revenir au plus vite.

Patricia et Laurent

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