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Les activités en cours au Centre Raïssa BENAO, janvier 2012.

mardi 17 janvier 2012, par Administrateur

Après la construction au mois de novembre d’un appartam, d’une cuisine et de latrines à coté du centre de soin des Sœurs de la Miséricorde, nous avons accueilli deux touristes solidaires et, depuis le 7 janvier, nous pouvons consacrer tout notre temps aux activités de soutien aux femmes et enfants en difficulté.

Nos actions se partagent entre les bébés malnutris qui sont accueillis au CSPS (Centre de Soin de Proximité) et les enfants de l’école primaire du secteur 5 de Léo.

La prise en charge des enfants malnutris :

Chaque samedi nous accueillons au CSPS les enfants malnutris avec leur maman qui viennent de tous horizons, ayant parcouru jusqu’à 10 km, au mieux à vélo, mais souvent à pied, bébé au dos pour recevoir conseils et aliments de renutrition pour leur bébé et repartir avec la quantité de bouillie enrichie nécessaire pour nourrir l’enfant pendant une semaine. On y ajoute du fer et des vitamines. A chaque consultation, l’enfant est pesé, mesuré, on mesure plus particulièrement le périmètre brachial (au milieu du bras) ce qui fournit la donnée principale nécessaire à une bonne prise en charge : le degré de malnutrition sévère ou modérée ; nous ne traitons sur place que les cas de malnutrition modérée, les cas sévères étant référés au CMA (Centre Médical Avancé).

Le samedi 7 janvier, sur la quarantaine de femmes présentes nous avons recensé 8 d’entre elles qui semblaient avoir de gros problèmes familiaux ou/et sociaux. Nous avons demandé à ces femmes si elles acceptaient qu’une équipe se rende à leur domicile pour, avec elle, trouver des solutions à leurs problèmes, elles ont toutes accepté et nous avons enregistré leurs coordonnées.

Depuis, avec un jeune infirmier, nous sillonnons le district pour rendre visite à ces femmes à domicile afin d’étudier leur situation et leur proposer un soutien. Notre objectif est bien sûr de sauver l’enfant en difficulté, éviter que cela ne se reproduise (planning familial [1]), nous nous intéressons à la famille dans sa globalité afin de palier à beaucoup de carences (scolarisation des autres enfants par exemple), avec le souci d’éduquer la maman, voir le mari et toute la grande famille selon le cas.

Soutien à l’école primaire du 5ème secteur de LEO :

Cette école, située un peu à l’extérieur de la ville, accueille des enfants issus essentiellement de familles paysannes. Chaque classe du CP au CM2 regroupe de 58 à 88 élèves. Nous avons rencontré le jeune directeur en poste depuis cinq ans qui ne se décourage jamais devant l’ampleur de la tâche, fier d’annoncer pour son établissement le meilleur taux de réussite à l’entrée en 6e de toutes les écoles publiques de Leo.

  • Ce qu’il nous demande, c’est de continuer à accompagner les huit enfants que nous parrainons déjà dans cette école et de leur trouver des vêtements chauds car ils arrivent en classe très peu habillés en cette saison froide (eh ! oui, il fait froid en ce moment au Burkina le matin, pas plus de 10°, pour un Africain c’est l’hiver !). Il nous demande aussi de l’aider dans la formation de deux enseignants aux premiers soins pour éviter d’être obligé d’envoyer les enfants au dispensaire, ce qui leur fait perdre une journée de classe pour la plupart d’entre eux. D’autre part il nous a fait savoir son désir de réhabiliter un vieux bâtiment de l’époque coloniale pour en faire une salle d’activité extra-scolaire : bibliothèque, salle d’alphabétisation et cours de soutien pour les enfants en difficulté.
  • Ce que nous proposons cette année est de répondre à la demande de formation des enseignants dès le mois prochain et, pour les enfants que nous parrainons, de proposer une prise en charge globale de la famille tout au long de l’année. Samedi matin, une rencontre avec les parents d’élèves a permis de constater le bien fondé de nos interventions. Nous avons pris acte de leur demande concernant le bâtiment à rénover et sommes à la recherche du financement nécessaire pour l’achat des matériaux car ils sont prêts à mettre la main à la pâte pour l’exécution des travaux.
  • Un cas particulier qui nous a été soumis par les infirmier du CSPS , un papa en grande détresse présenté avec ses deux enfants handicapés (Infirmes Moteurs Cérébraux). Nous suivrons ce cas à domicile dans un premier temps dans l’attente d’une prise en charge au Centre d’accueil au mois d’otobre.

Voici donc notre programme pour les mois à venir :

Nous allons suivre jusqu’en octobre :

  • Huit familles d’enfants malnutris,
  • Huit familles d’enfants en difficulté scolaire,
  • Une famille de deux enfants handicapés.

Pour l’instant nous travaillons en binômes avec l’infirmier, ne maîtrisant pas les langues locales, je ne peux travailler seule et, toute façon, ce ne serait pas bienvenu car je ne connais rien des traditions et coutumes liées à chaque ethnie, ce qui pèse beaucoup sur l’éducation des enfants et le mode de vie des familles.

Aujourd’hui, réunion de l’APESD à 17h30 je vous tiens au courant des décisions prises le plus vite possible.

Léo, 17 janvier 2012, Yvette Ladrée

Notes

[1] Tout simplement éduquer la mère et pourquoi pas le père pour éviter les naissances multiples et souvent trop rapprochées

2 Messages de forum

  • Merci pour toutes ces informations détaillées !

    Nous comprenons mieux et pouvons mieux nous représenter la vie de l’association sur place.

    Pourquoi le centre s’appelle-t-il Raïssa Benao ?

    Comment s’appelle le directeur (plein d’idées et d’enthousiasme) de l’école primaire du 5ème secteur de Léo ?

    Sœur Félicité pourrait-elle écrire un article pour dire comment fonctionne le tandem entre une association complètement laïque et une communauté de religieuses. Est-ce que les positions de chacun sont reconnues, respectées ? Peut-être que devant l’urgence de la tâche humaine, tout ceci n’a plus d’importance ?

    Nous sommes avec vous et saluons tous les amis de Léo !

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    • Merci Odile pour les encouragements. Il est vrai que nous n’avons guère le temps de nous poser les questions de fond, mais est ce vraiment nécessaire puisque nous évoluons en parfaite harmonie ? Raïssa BENAO est une jeune femme décédée l’année dernière originaire de Léo. Elle élevait seule sa petite fille qui a trois ans aujourd’hui et nous l’avions aidée à titre personnel à reprendre des études pour trouver un emploi lui permettant de subvenir à ses besoins.C’est un peu à travers sa réussite que nous avons pensé créer le centre pour venir en aide à d’autre personnes en difficulté .

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